Il s’est fait attendre un an et demi, très exactement depuis la fin du spectacle Mozart l'Opéra Rockqui l'a révélé. Le voilà de retour : ce 8 avril, Florent Mothe sort son premier album solo, intituléRock in Chair ! Nous avions eu la chance de l’écouter en avant-première, et trève de suspense : on a adoré. Découvrez notre avis sur un premier album très réussi.

Pour commencer, Rock in Chair est à la fois cohérent et très varié. On y retrouve beaucoup de guitares, l’instrument de prédilection du chanteur, aux sonorités tantôt blues, tantôt plus pop-rock voire très rock. Et le tout est porté par la voix unique de Florent Mothe, qui se démarque de ce que l’on peut entendre habituellement en variété française. Les titres, tous en français, sonnent parfois comme de la pop britannique, parfois comme de la chanson française, dans tous les cas cela sonnent "Florent Mothe" !
Surtout, cet album laisse transparaître le grain de folie du chanteur et rassemble toutes les influences qu’il a pu avoir dans le passé : on entend même parfois des chœurs à la Queen. A l'inverse, on retrouve des titres beaucoup plus « chanson française » et romantiques, qui ne devraient pas trop déstabiliser son public. L’autre caractéristique de cet album, c’est, comme on l'a dit sa variété. Et l'une des explications à cela, c'est que Florent a recruté une belle équipe d’auteurs-compositeurs pour l’épauler, de Dove Attia à Ycare en passant par Vincent Baguian. Le résultat ? 11 titres très distincts, à la fois très "produits" mais qui ressemblent aussi à une improvisation de groupe de rock, comme si tout avait été enregistré naturellement, sans se prendre la tête.

L'album démarre avec « Arrête », une collaboration entre Florent et son ami Ycare. Les fans des deux chanteurs connaissent déjà ce titre, puisqu'ils l'avaient déjà interprété en duo sur la scène de la Cigale. La version studio (avec uniquement la voix de Florent) reste assez sobre, ce qui permet de nous axer sur les paroles. Une formation guitare / basse / batterie et des arrangements très simples (signés Pierre Jaconnelli) : on sent d'emblée que la voix de Florent est prise au "naturel", ce qui est plutôt rare aujourd’hui !

On continue avec « Love », écrite avec un morceau de l'équipe de Mozart l’Opéra rock : Dove Attiaet son acolyte Vincent Baguian ont mis des mots sur les notes de Florent. Le résultat est très convaincant et efficace, comme on peut s’y attendre de la part de ces faiseurs de tubes : des sonorités de pop britannique qui vous resteront dans la tête pendant des heures !

Le thème de l’amour est aussi abordé sur le single, « Je ne sais pas », sorti le 21 janvier dernier. Avec ce titre signé Lionel Florence et Elio, on reste dans le domaine pop-rock, avec des petits accents à la Keane sur le refrain. Un morceau assurément efficace et taillé pour la radio. 

Visionnez le clip de "Je ne sais pas" : 
On poursuit avec la première vraie ballade de l’album, il s’agit de « Les blessures qui ne se voient pas ». Le titre de ce morceau peut paraître mièvre au premier abord mais cela marche étonnamment bien. Il faut par ailleurs souligner que ce titre avait déjà été interprété par Sébastien Agius (X Factor, 1789, Les Amants de la Bastille) sur son premier album. Les paroles signées Michel Jourdan (« Si seulement je pouvais lui manquer », Calogero) s’accordent parfaitement avec la mélodie de Nicolas Luciani, qui avait déjà écrit "Victime de ma victoire", que Florent interprétait dans Mozart l'opéra rock.

Après les chansons d’amour, on passe à un thème complètement original : « Mes éléphants roses ». Florent nous en disait plus dans son interview : « C’est l’histoire d’un homme qui marche tout droit : il fait attention à ne pas dépasser les limites autorisées, et donc à ne pas se droguer par exemple. Mais malheureusement, il s’ennuie beaucoup, et pour se divertir, il a trouvé une autre drogue qui lui fait voir ces éléphants roses : le porno sur Internet… ». Et le titre fonctionne lui aussi très bien, entre une mélodie très froide et obstinée sur les couplets et un refrain de plus en plus psychédélique lorsque notre personnage se lâche !

Le morceau suivant est à nouveau signé du duo Attia / Baguian : c'est « Alleluia (C'est la Crise) » : on reste dans le thème de l’homme qui veut être exemplaire. Là encore on retrouve une mélodie pop-rock hyper efficace, encore un tube potentiel ! 
La suite de l'album arrive après une courte pause musicale… quelques secondes d’interlude avec« Je roule des pouces », un temps pour se reposer entre deux morceaux, comme une impro blues au milieu d’un concert.

Retour dans le tubesque avec « Rocking Chair », l’histoire d’un homme qui contemple l'absurdité du monde assis dans son rocking chair. Le chanteur a à nouveau mis la main à la patte côté mélodie et texte et le résultat est encore une fois à la hauteur de nos attentes !

L'écoute continue avec  une ballade sur le thème de l’amour : « Tu m’effaces », écrit avec son amieTamara Fernando. Un beau morceau guitare-voix  que Florent nous sussure à l’oreille...

On l'a déjà vu, le duo Ycare / Florent Mothe fonctionne très bien et c'est donc tout naturellement que nos deux amis chanteurs ont signé un second titre ensemble : « Astérisque ». L’alliance paroles/mélodie est imparable, on joue aussi bien sur les sonorités que sur l’effet des notes… Assurément l'un des meilleurs morceaux de l’album, que l'on verrait très bien en single.

« Tant de Lendemains », qui suit, convainc un peu moins, mais les paroles de Jérôme Attal et Orhn sur une mélodie de Fossey restent dans la cohérence et le morceau, nostalgique, a parfaitement sa place sur l'opus.
On termine l’écoute par ce qui m’est apparu comme le meilleur morceau de l’album : « Open space circus » (« Tais-toi et chante »). Comme l'annonce Florent Mothe, ce titre offre de quoi pogoter un peu en concert. Une intro guitare que l'on a envie de découvrir en concert, des arrangements très rock’n’roll, avec un refrain génialissime qui parle de façon critique de notre société qui recherche le profit à tout va : "Bienvenue dans l'Open Space Circus, t'es dans la place pour gagner plus, ici Dollar est Dieu et tu es son apôtre". Le titre reste dans le lâcher prise et est diablement efficace. Pierre-Yves Lebert, qui signe les paroles du morceau, a déjà écrit pour Florent Pagny, Obispo ou Axel Bauer, et il semble s’être parfaitement adapté à la mélodie signée Florent et Fabien Cahen (Zazie) et à l'univers rock'n'roll du chanteur.

Pour les fans du chanteur (et tous les autres), sachez également que vous pourrez trouver une édition deluxe de l'album, comportant un DVD "making of" et trois titres bonus. On retrouve ainsi la version made in Florent Mothe de "Bohemian Rhapsody", un titre qui l'avait fait découvrir par les casteurs de Mozart l'opéra rock et qui lui va comme un gant. Vous pourrez également découvrir deux autres chansons inédites, "Ma Blonde et Moi" (en duo avec Rod Janois), qui relate l'histoire de Marylin, et "Bye Bye".

En conclusion, Florent Mothe a su bien s’entourer et propose un album abouti, réfléchi et très cohérent, qui présente tous les aspects de son univers à la fois complètement barré, passionnant, facile à écouter et très diversifié… Un point en plus pour plusieurs titres qui mériteraient d'être mis en avant, comme "Astérisque", "Alléluia" ou encore "Open Space Circus". On n’a donc pas été déçus : le chanteur a bien fait de prendre son temps, puisqu'il remet aujourd'hui au public un opus qui lui ressemble vraiment !

 


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    #LBQNSVP

    "Rock In Chair"